
À Bruxelles, SKULT Studios réunit un studio de pilates et un café dans le même lieu. L'aménagement intérieur, conçu par Clélia Cantillon, confie les surfaces à deux finitions biosourcées : le rammed earth brut et les panneaux de lin Varian. Aucune des deux n'est un revêtement rapporté sur un support fini ; l'une comme l'autre constitue la surface qu'on touche.
Mis en œuvre par CRU Atelier, le rammed earth a été retenu pour les banquettes et la base du comptoir. La terre est comprimée et coulée en levées successives. Une terre coulée peut ensuite être poncée ou enduite ; ici, les levées ont été laissées apparentes dans la surface finale, et c'est un choix de finition de l'architecte.
Ses atouts dans ce contexte :
La contrainte, elle, est d'usage : c'est traditionnellement un matériau d'extérieur, réinterprété ici en finition intérieure, et le rammed earth reste peu courant dans un intérieur commercial.
Produits par le fabricant belge Culture iN, les panneaux Varian sont composés de fibres de lin prises dans une résine PLA dérivée d'amidon de maïs. Le producteur les annonce entièrement biosourcés, sans intrant pétrochimique.
Pourquoi un panneau de lin plutôt qu'un revêtement mural courant dans un lieu où l'on enchaîne les séances ? Parce que la structure de fibre absorbe et diffuse le son ambiant, et qu'elle le fait par sa composition même, sans traitement de surface ajouté.
Le montage se fait sur un système de tasseaux de bois, démontable sans altération de l'enveloppe. Les panneaux sont réversibles par conception : on les retire, et le mur qui les portait reste intact.





Le comptoir associe la base en rammed earth à un plateau en corten réalisé par Béatrice Vancaillie. Le corten n'est ni biosourcé ni démontable : c'est la pièce d'acier du projet, posée sur la terre.
C'est à la fin de vie que les deux finitions biosourcées se séparent, et la différence mérite d'être dite. Les panneaux Varian se dévissent de leurs tasseaux : la dépose est un démontage, et l'enveloppe est rendue intacte. Les banquettes en rammed earth, elles, ne se démontent pas — on les casse, et les gravats retournent au sol, sans additif ni liant à en séparer.
Les deux sortent proprement de la vie du bâtiment, mais par deux opérations distinctes : l'une rend un élément et un mur, l'autre rend de la terre.
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Une rénovation où une seule couche isole, résiste aux intempéries et fait parement.
CLT apparent, enveloppe biosourcée et continuité matérielle du dehors au dedans.